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05 Jul

BENARES, LA VILLE SAINTE DES HINDOUS.

Publié par UGO RICHARD

 

La ville, dont le nom provient de ceux de deux affluents du Gange, la Varunâ et l'Assî, s'appelle aussi Kâshî (la lumineuse) et Banâras. Le mot banâras provient du terme banâ qui signifie « toujours prêt » (du verbe banânâ qui signifie préparer en hindi) et du terme ras qui désigne le « suc vital ». Banâras étant le lieu où le ras est toujours disponible, à disposition de celui qui a soif de Dieu et de la vie.


 

La ville de Vârânasî a été probablement fondée au VIIe siècle av. J.-C, ce qui en fait l'un des centres urbains continûment utilisés les plus anciens. Antique centre d'études religieuses, c'est dans sa périphérie, à Sârnâth, que le Bouddha fait son premier sermon après l'illumination.
Symbole emblématique de l'hindouisme, elle est pillée ou détruite plusieurs fois par les musulmans,  ses temples détruits, les matériaux étant réutilisés pour construire des mosquées. 
La ville passe sous contrôle britannique en 1775.

Cette histoire mouvementée explique les tensions constantes entre les communautés dans la ville et la rareté de monuments anciens. Cependant elle garda de façon permanente son caractère sacré et sa position de ville majeure.

 


Bénarès est une ville sacrée. Le Gange qui symbolise les cheveux de Shiva a une fonction purificatrice. Se faire incinérer à Bénares c'est aussi rompre le cycle des réincarnations et accéder au Nirvana. La frénésie religieuse a encore plus sa place ici qu'ailleurs en Inde.

 

Les rues de Bénarès peuvent aussi donner la nausée. Tous les dix mètres une poubelle en plein air, une odeur nauséabonde et des mouches qui se réjouissent. Il faut fermer la bouche et se boucher le nez : apnée temporaire salutaire !

Et malgré tout, Bénarès reste si belle !
Ensuite le spectacle le long des ghats, ces escaliers qui longent le Gange sur près de 7 km. On y vient pour prier, se laver (se purifier), se raser (les femmes pèlerins font don de leurs cheveux au fleuve), laver son linge, faire l'aumône aux saddhus, pratiquer le yoga, faire sécher des bouses de vaches...


 
 

Enveloppé de tissu et papiers dorés, recouvert de colliers de fleurs, le cadavre est plongé dans l'eau purificatrice du Gange, puis déposé sur le bûcher.

Le spectacle devient alors comme surréaliste.

Au travers de la fumée blanche qui s'échappe du bûcher on voit soudain un pied en l'air. Parfois les bras calcinés s'élèvent vers le ciel. Une autre fois, cette tête chauve restée accrochée à un corps incandescent.

L'odeur, un mélange de plantes odorifères, de charbon de bois et de chairs brûlées déclenche le hurlement des chiens qui espèrent un morceau de viande.



Alors pour certains, la journée commence par un bain purificateur, puis se poursuit par une prière adressée au soleil, les mains jointes, dirigées vers l'astre qui semble émerger du fleuve. D'autres marchent dans l'eau et semblent accomplir une danse rituelle. C'est une prière pour le fleuve, "Gangâ" comme l'appellent les indiens.

Le long des ghats, des familles se rassemblent sur les marches et les pontons protégés du soleil par de grands parasols. La grand mère, la mère, le père, et une ribambelles d'enfants s'affairent. Une femme lave son linge, un grand père se repose à l'ombre d'une bâche en plastique maintenue par des bambous, des enfants jouent dans l'eau et une femme en sari, le corps à moitié dans l'eau, hésite encore à immerger sa tête, tenant fermement la main de son mari pour se donner du courage.
 Sur les ghats, les hindous se livrent à des rituels millénaires, aussi anciens que l'hindouisme et que l'Inde elle même. La mort y côtoient la vie, avec la même simplicité, avec la même spontanéité. Les cris des jeunes enfants jouant dans l'eau se mélangent au chants des prières, et le bruit du linge qu'on frappe contre la pierre est à peine couvert par les sollicitations des marchands de fleurs et des brahmanes.
Impossible de rendre compte du choc, mélange de sensations fortes, de voyeurisme, d'écoeurement et d'émerveillement.


 

Des femmes de tous âges entourent une jeune fille que l'on va marier. Le visage caché par le voile qui lui couvre la tête, sa grande sœur essuie ses larmes et la prend dans ses bras, tandis que la mère, installée un peu plus loin prépare les chapatis, le dal et les pâtisseries qui seront servis aux invités. Son futur mari est assis seul sur les marches, le regard perdu au loin, sur la rive orientale du fleuve. Ils s'apprêtent comme tant d'autres familles rassemblées sur ce ghat à prendre un bateau qui les mènera sur l'autre rive, et pendant la traversée, ils offriront au fleuve une immense tresse de fleurs. Se marier à Varanasi, c'est mettre tous les atouts de son côté pour le futur, et se prémunir d'un mauvais karma.

 


By Ugo

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une femme spirituelle 05/07/2009 14:53

jaimerais tant aujourdhui y etre et revivre a nouveau tous ces moments passes lan dernier....

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