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16 Dec

COMMENT SE LiBéRER DE SON éGO AMOUREUX!

Publié par By UGO

         La plus proche traduction du terme bouddhiste Duhkha (sanskrit) est la "souffrance" au sens large de malaise, d'inconfort. Son contraire Sukha (sanskrit) est le plaisir. Les êtres vivants sont des êtres sensibles; inévitablement ils font l’expérience du plaisir et de la souffrance, tant physiquement que moralement. Les sutras mentionnent différentes formes de souffrance. Certaines d’entre elles se situent principalement au niveau physique, telles que la souffrance de la naissance, de la maladie, de la vieillesse et de la mort. D’autres concerne davantage l'esprit - obtenir ce que l’on ne veut pas, ne pas obtenir ce que l’on veut, essayer d’obtenir ce que l’on veut et essayer de garder ce que l’on aime.
 
Ou-l-ego-se-redresse-l-humble-se-courbe.jpgLa cause de beaucoup de conflits et de difficultés se   trouve dans l'absence de compassion, dans le fait qu'on ne se sent pas concerné par les autres, que l'on ne regarde que son propre sort.
 
 
 
    Si on part du principe de l'ego, si on ne comprend pas bien le sens de la
       compassion, si on ne voit pas bien le sujet du moi, si on se trompe, s'il n'y a pas de sagesse dans la compassion, dans les actes de l'individu, il est clair que les choses vont évoluer de mal en pire et que va s'installer cette fixation que l'on appelle l'attitude égocentrique. Celle-ci consiste à avoir de l'autre l'image d'un ennemi en disant « il me pose des problèmes, il l'a fait dans le passé, il le fait maintenant, ce sera très certainement le cas à l'avenir ». On se lance donc dans toutes sortes de constructions mentales qui ne font que compliquer et embrouiller les pistes. C'est
   pour cela qu'il est important que cette compassion authentique, la clarté de la compassion authentique, s'installe parce que si elle s'installe, le danger de fixation, le danger d'actes qui proviennent d'égocentrisme va diminuer de plus en plus.
 
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Il se peut qu'on se dispute, comme les parents qui se disputent mais qui s'aiment, qui ont beaucoup de compassion. En ce cas, ce n'est pas grave. Mais c'est dans l'absence de compassion que des disputes deviennent des drames.
la compréhension touche à la nature même de tout ce qui existe, où le concept de la vacuité est introduit dans le raisonnement et où la sensibilité par rapport à l'inutilité, la non-raison d'être de la souffrance de tous ces êtres, devient encore plus frappante.
 
Cette compréhension, sur base du concept de la vacuité, va nous permettre de développer une compassion inconditionnelle et illimitée.
 
Sinon notre compassion ne pourra être déclenchée que lorsque l'on est en présence de personnes en détresse, de pauvres, de ceux qui sont malades, ou handicapés, etc, ce qui est une bonne chose bien sûr mais n'est qu'un remède a notre souffrance!. Lorsqu'on développe la compassion, on voit que l'esprit n'est plus perturbé.
 
     L'obstacle principale à la compassion est la colère parce que c'est une expression de l'attachement au moi. C'est le royaume du « moi je » qui s'installe. Il est donc très important de comprendre que le remède, le contraire de la colère, c'est la patience. Il s'agit donc de développer  une patience-tolérance par rapport à ce qui nous cause des difficultés et ce qui nous fait souffrir, de découvrir le courage qui consiste à assumer parfois des situations difficiles.
C'est pour cela qu'on dit que la compassion amène aussi à avoir cette clarté d'esprit qui permet de savoir exactement comment il faut réagir dans une situation aussi extrême que celle là.
Alors que si l'on n'a pas de compassion, la réaction sera dictée par un esprit qui est perturbé par telle ou telle émotion, ou par telle ou telle conviction. 
 
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     Voyons maintenant la vision de la souffrance. dans le Bouddhisme.  Selon le langage du Premier Tour de la Roue, l’éveil est considéré comme la cessation de la souffrance. A quel genre de souffrance fait-on référence ici ? Il s’agit au fond de celle que l’on vit au quotidien lorsqu’on lutte, résiste, ignore ou repousse hors de la conscience, les réalités de l’existence. C’est ce qu'on appelle "la souffrance existentielle".
 
La différence entre les êtres non éveillés et le Bouddha est que ce dernier accepte et fait siennes les réalités profondes de l’existence, inconditionnellement et sans peur aucune, alors que les êtres non éveillés ne le font pas et par conséquent souffrent. Les êtres ordinaires ont peur de la réalité et sont constamment dans le fuite. 
 C’est sa rencontre avec la souffrance existentielle qui amena Siddharta Gautama à quitter son palais et à commencer sa quête. Il cherchait une façon de vivre qui mettrait fin à la souffrance existentielle pour devenir Bouddha.    
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D’après le bouddhisme, lorsque nous structurons notre vie en la centrant sur notre ego, cela démontre un manque de confiance dans notre existence en tant qu’être humain, et un esprit égocentrique, est un esprit qui a peur.
 Quand on accepte sans condition la souffrance existentielle, elle se transforme en compassion inconditionnelle pour l’existence samsarique (non éveillée). Cette expérience permet de voir la réalité de la souffrance, de l’impermanence et de l’absence d’ego telle qu’elle est, sans aucun obstacle, et avec une clarté absolue de l’esprit. Dans le bouddhisme, cette clarté est appelée "sagesse suprême". La souffrance de la douleur devient alors l’expérience pure de la douleur. La souffrance de l’impermanence devient l’expérience de l’impermanence et la souffrance de l’existence conditionnée se transforme en expérience de l’absence d’ego. Ainsi, ce qui est vécu comme une souffrance existentielle par des êtres ordinaires est vécu comme compassion par les êtres éveillés. Cela aboutit à la cessation de la souffrance existentielle. 
Par comparaison avec le Bouddha, on pourrait dire que les êtres ordinaires jouissent d’une santé relative. Elle est relative parce qu’elle dépend de leur capacité à vivre leur vie et leurs émotions égocentrées.  Leur santé mentale dépend uniquement de leur habileté à se débrouiller avec leur souffrance existentielle, et du point de vue égocentrique, l’aspiration au bonheur se réduit à la course vers le plaisir personnel et à l’évitement de la douleur.
 
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La souffrance névrotique se développe à partir de la souffrance existentielle. Lorsque la souffrance existentielle est vécue comme étant insurmontable, des schémas de réactions névrotiques ont tendance à se développer. Chaque personne est caractérisé par sa propre distorsion cognitive, sa vision névrotique de la vie, et chacun de nous connaît sa propre fixation affective et émotionnelle, sa propre conception du bonheur et sa propre forme de souffrance névrotique.
La souffrance névrotique consiste donc à rechercher, sans cesse le plaisir et de façon obsédante ( ce que l’on pense être une source de plaisir ) comme antidote à la souffrance existentielle qui est vécue très intensément dans ce monde. 
 Sans souffrance existentielle, il ne peut y avoir de souffrance névrotique. La souffrance névrotique est symptomatique d’une souffrance existentielle ingérable dont elle est issue. "Ingérable" parce qu’il nous est impossible de faire face à ce genre de souffrance, de l’endurer et finalement de la dissoudre. C’est pourquoi nous cherchons à nous en protéger par des stratégies qui nous mènent à la souffrance névrotique. Il existe de nombreuses causes expliquant notre incapacité à endurer la souffrance existentielle.
Par voie de conséquence, il est possible d’atteindre la "cessation de la souffrance" ou l’éveil au sens bouddhiste, tout en continuant à vivre avec des schémas névrotiques.  
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La deuxième forme de souffrance, Viparanamaduhkhata, est habituellement traduite par la souffrance de l’impermanence. Si nous résistons, réprimons ou luttons contre le changement, alors nous souffrons de ce changement. C’est cela la souffrance de l’impermanence. C’est ce que nous vivons lorsque nous refusons la réalité de la Deuxième Marque de l’Existence.
 
La troisième forme de souffrance, Samskaraduhkhata, est traduite par la souffrance de l’existence conditionnée. Ce type de souffrance est engendrée par le fait de prendre les "cinq skandhas" pour des réalités. En d’autres termes, nous considérons notre expérience égocentrée de la réalité comme réelle. Cette façon de faire l’expérience du monde est elle-même due à nos schémas mentaux (samskaras) centrés sur l’ego et qui conditionnent notre vécu. C’est la raison pour laquelle cette souffrance est appelée la souffrance de l’existence conditionnée
 
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 RéFéRENCES  :
 
kHRISHNAMURTI "de la vérité" (2006)
Entretien sur la compassion de LaMa Kharta (2003)

La Souffrance Névrotique et la Souffrance Existentielle

Par Han F. De Wit (2006)

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